Souvenir de Tahira2
On interrompt un peu la diffusion le l'HOMME AU CHAPEAUI MOU
pour faire place en intermède à une ex-page prise au hasard sur Tahira2 pendant les migrations de blogs (je ne vous mets pas la page en lien, elle va disparaître avec le nauffrage d'u-blog!):
jeudi 15 Décembre 2005
La grêve 8/22Je t'ai tissé une grève sur mesure aux couleurs de ma vie,pour que tu m'y attendAu bout de l'océ qui gronde ou qui caresne grève dorée où l'on peut s'allongeret se faire rôtirns risque d'y griller
Capture d'écran du blog tahira2
Je suis restée sur la grève tous ces deux jours derniers.
J'ai beaucoup dormi, j'étais très fatiguée.
Le soleil m'a chauffée, nourrie, le ressac m'a bercée et lavée, mais le sel m'a piquée et cuite!
J'ai rêvé de bateau, un beau bateau à voile, et à coque profonde. Je dormais à l'arrière, la tête sur mon bras replié.
C'est toi qui barrais, je ne sais si tu sais le faire, mais là tu y arrivais fort bien, et nous partions droit vers le large, sans louvoyer. Le soleil était juste assez doux pour me maintenir dans un état de songe, il ne me brûlait pas la peau, il ne me saoulait pas la tête!
Je me demandais où nous allions ainsi, surtout que nous n'avions pas pensé à prendre quoi que ce soit, ni à boire, ni à manger. Je me disais que de toute manière cela n'avait aucune importance, je n'avais aucune envie de bouger, ou de plonger pour regagner la rive, nous étions bien trop loin déjà, et aucun rêve ne nécessite que l'on emporte de la nourriture avec soi. donc, tout était bien!
Je me suis soudain dit, qu'après le rêve, c'était là que tout commençait...
Je me suis dit aussi que j'avais déjà entendu ces paroles quelque part, mais je ne me souvenais plus où.
J'entendais ces paroles rouler dans mon cerveau, ou je croyais les entendre à travers le clapotis des vagues contre la coque.
Puis j'ai regardé le soleil à travers mes paupières mi-closes, et j'ai joué à filtrer la lumière à travers mes cils. Je riais toute seule. Je ne voulais pas trop bouger pour ne pas effrayer le rêve et le faire fuir, pour ne pas que tu disparaisses, pour ne pas que le bateau se fonde dans l'écume.
L'air du large est pur, je ne risque rien, d'ailleurs tu tiens ma main, je ne sais pas comment tu fais pour tenir le gouvernail, l'écoute, et me tenir la main! Je sens que tu la passes doucement sur mon front, elle est fraîche, pas étonnant avec le vent qui se lève.
Je sens que tu souris en me regardant, moi aussi je voudrais sourire, mais c'est cette fichue paralysie!
Je sais que tu n'as pas peur de mes problèmes, j'aimerais mieux pouvoir sourire, ouvrir les yeux, dire un mot, te serrer la main, pour que tu saches que je suis là, que je sais que tu es là, que je ne dors pas en fait, que je repose simplement. Que je suis contente que tu me veilles, que je sais que tu m'aideras à me redresser, dans un moment, pour que je voie autre chose que le soleil à travers mes cils.
Pour que j'aperçoive l'eau, sa couleur, et l'horizon tout au bout, pour que je n'aie pas peur, pour que je sache qu'on arrivera bien quelque part un jour, pour que je sache que si je ne peux pas bouger sur la terre, je pourrai bouger dans l'eau, retrouver ma liberté de mouvement, qu'il y aura toujours une possibilité ou une solution.
C'est le crépuscule qui m'a réveillée, en me caressant de son ombre et de sa fraîcheur subite. Je me suis redressée sans effort, j'ai vu le soleil peu à peu plonger dans l'eau sombre et la faire virer à l'or, puis au cuivre, avant de disparaître dans la brume violacée.
Je me suis frottée vigoureusement, lorsque j'ai des paralysies ainsi, j'ai mal longtemps à tous les membres, alors j'ai fait circuler le sang pour que les toxines bougent de là!
C'est fou cette fatigue que je ressens, et qui me cloue longtemps de cette façon.
Lorsque je me suis sentie mieux, j'ai prié pour remercier:
"Béni sois-tu Seigneur pour le crépuscule qui ensommeille la terre,
moi, il me rend à la vie!
Béni sois-tu pour le rêve qui me ramène mon vagabond de temps en temps.
Béni sois-tu pour les océans, leurs vagues et leurs poissons,
pour le vent du large et pour les brises légères,
pour le soleil, et les brumes violettes qui le mangent lorsqu'il visite l'autre côté de la planète.
Béni sois-tu pour la nuit ici qui fait naître le jour là-bas.
Béni sois-tu pour l'ombre, et pour la lumière,
pour les facilités comme pour les difficultés,
pour les rêves comme pour la réalité.
Béni mon ami vagabond, merci pour lui s'il a pu prendre enfin quelque repos.
Il m'a demandé de te parler pour lui, il pense être éloigné de toi, il pense que c'est compliqué de t'atteindre, ou de s'exprimer, il pense qu'il a besoin de médiation!
Il ne te connaît pas ou plus, ou mal alors, il ne sait que tu lui es plus intime que je ne lui peux être, plus intime qu'il ne l'est à lui-même!
Alors, je te le dis pour lui. Comme il me l'a demandé, je le fais.
Il a confiance en moi pour que je le fasse, comme moi j'ai confiance en toi pour que tu le bénisses et le comble de bienfaits et de paix.
Voilà, c'est tout simple.
Peut-être un jour entendra-t-il ta douce voix en lui, sentira-t-il ta source l'abreuver, et te parlera-t-il lui-même, en son propre nom, de sa propre liberté?
Béni nous tous, lui, moi, nos familles, ceux que nous aimons, ceux que nous aimons moins, ou très peu, ou pas du tout!
ceux qui nous aiment, ceux qui ne nous aiment pas.
Etend ta paix dans nos coeurs, que ta paix coule en nous comme un fleuve abondant, répandant la bénédiction, ta bénédiction sur chacun."
Tahira
commentaires
Le Vagabond
ce petit texte sur le peintre Matta, qui trouve une résonnance en moi!
Roberto Matta est un peintre surréaliste né en 1911 au Chili et mort à Civitavecchia (Italie) le 23 novembre 2002. En 1973, il prend violemment position contre le coup d'État du général Pinochet au Chili et coupe tout lien avec son pays natal.
« C'est cet exil qui a déterminé toute ma vie, entre deux cultures. Mon travail est un travail de séparation. » « De l'exil, je suis passé à l'« Ex-il », quelque part entre le connu et l'inconnu, entre la réalité et l'imaginaire. Là où commence la poésie. » (Matta)
La Bergère
Et je me suis embarqué avec toi dans cette barque. Moi au gouvernail et toi à mon bras. Nos mains serrées.
Tout cela me fait du bien.
Te savoir si près.
Savoir que tu pries en ce moment est une chose qui me remplit de joie.
Je te serre fort dans mes bras. Pour sentir ton coeur battre contre ma poitrine. Je te serre fort.
Le Vagabond
mon tendre vagabond!
Merci de venir sous notre tente, et dans cette barque latine à une voile...
Oui, je prie pour toi, comment pourrais-je t'oublier?
comment pourrais-je ne pas te confier à Celui qui veille en moi!
La Bergère