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Je réfléchis à haute voix avec ma compagne à mes côtés, nous connaissons une personne qui traverse souvent des crises boulimiques, mais elle ne fait qu'absorber de la nourriture, sans la régurgiter, elle engraisse pas mal, ces moments alternent avec d'autres où elle ne mange rien, pendant plusieurs jours. L'un dans l'autre, elle rejoint un poids normal en conservant d'agréables rondeurs.
Elle mange comme un hamster qui se bourre les bajoues à l'extrême, dans les moments où elle est seule, pas inoccupée, mais seule, non pas qu'elle s'ennuie vraiment, mais sans doute que son homme, ses enfants, ses amis lui manquent, alors, elle attend et en attendant éperdument, elle dévore. Ensuite elle se livre à des séries ininterrompues d'exercices, pour éliminer, et en ressort "vidée"!
Son estomac refuse toute nourriture lorsqu'elle est angoissée ou stressée à l'extrême, c'est un malaise sourd qui lui saisit l'estomac, lui donne la nausée, sans qu'elle ait rien mangé. Parfois elle sait pourquoi elle a peur et de quoi ou de qui, d'autres fois, elle ignore la cause de ce mal-être alors que tout semble aller bien dans sa vie. Elle éprouve un sentiment de dégoût et en même temps de fierté d'être capable de "se vaincre" comme elle dit.
Nous, on observe, on écoute, on essaye de ne pas juger, mais ce n'est pas évident, la soutenir est difficile, on a l'impression qu'on agît souvent a contrario!
On sait qu'elle a vécu une enfance pas possible, avec beaucoup d'agressions intrafamiliale, de plus, dans un contexte où la nourriture était "sacrée" et tenait la place numéro 1, une famille de restaurateurs préparant une cuisine traditionnelle landaise (cuisine du cochon, fabrication de foie gras, confits, pâtés).
Elle a suivi des psychothérapie, des régimes, une psychanalyse, elle est à peine un peu moins dans cet état!
Elle nous a dit qu'elle fait un "break" en ce moment, stop le régime, stop le psy, stop les questions, les comment et pourquoi. Elle aimerait faire une cure de sommeil, puis de remise en forme dans la montagne.
En fait c'est pas possible, parce que les toubibs envoient vers des hôpitaux, en section psy, en quasi isolement (sauf les entretiens avec l'équipe soignante et les moments de promenade), et en huit jours, il faut que la personne ressorte "changée" avec d'autres habitudes, une autre mentalité, c'est un peu une solution d'urgence pour anorexique suicidaire, mais pas vraiment pour son cas.
Les amis et ses parents ne veulent pas l'accueillir, trop de responsabilité qu'il ne tiennent pas à assumer! Ils préfèrent qu'elle soit "prise en charge", ils ont peut-être raison, mais le lieu idéal n'existe pas! Et à ce que nous connaissons des milieux soignants actuels, à part d'être indépendant totalement et non conventionné ou remboursable, pas de solution, rentabilité, rentabilité!
Je crois que dans la démarche de notre amie, il y a justement une révolte contre la rentabilité (qui vient se loger dans l'industrie alimentaire, les milieux de la santé), les canons établis (de la mode et de la beauté). Elle refuse d'être soumise à certaines pressions sociales, catégorielles, familiales, et aussi dans son boulot
(cette reflexion n'est pas terminée, on pourrait même dire qu'elle ne commence qu'à peine).
Bonjour dans vos blogs!
quelques news fraîches du jour: aujourd'hui et hier, Princess est allée aider un concertiste à qui elle tourne les pages, et tire les jeux (orgue), elle est son assistante pour le concert de demain.
Elle "revit", elle est "autre", elle est belle comme un astre!
Par petit coups de deux heures comme ça, elle peut continuer sa vie d'artiste.
Ensuite elle se repose à la maison!
DJM avec PrincessK à ses côtés, pendant la "pause"
A un très beau poème trouvé sur vox
j'ai voulu écrire, en écho, ce texte:
C'était un petit bout de femme que la vie n'avait pas gâtée, un petit
bout de femme qui se bâtait seule avec 5 enfants à charge, pour qu'ils
ne manquent de rien et connaissent les vraies valeurs de la vie. Elle
en avait eu des insultes et des humiliations, à force de trimer comme
une bête, elle avait perdu ce côté apétissant qui avait fait que les
hommes lui couraient après, lui faisaient des gosses et la laissaient
tomber, sans ressources.
Elle était partie avec ses deux plus jeunes au bord de l'eau, pêcher
comme chaque soir, puis cuire les poissons sur le barbecue de l'aire de
pêche près de la rivière, ils avaient disposé les assiettes sur une
nappe, c'était bien, il y avait des promeneurs et d'autres pêcheurs à
la ligne non loin, une soirée sans problème.
Tout à coup déboule une bande de 10 ados, à la limite de la majorité
légale, ils sont bruyants, ils ont dû boire, ils voient la femme
occupée à tourner les poissons sur le barbecue, ils l'appostrophent, la
traitent de pute devant ses enfants. Elle répond, pas la langue dans sa
poche, petit paquet de nerf prêt à faire face à tout problème venant de
l'extérieur, le chef de bande s'approche d'elle menaçant avec une arme
blanche, s'en suit une bagarre où elle prend et rend plus d'un coup, le
plus jeune de ses enfants saisi un couteau sur la nappe dans le but de
frapper l'agresseur. Personne parmis les spectateurs n'intervient, même
pas pour téléphoner aux flics avec un portable, c'est pas leur truc,
après tout, c'est une "pute", elle l'a sans doute bien cherché, etc...
et puis ça ne ferait qu'envenimer les choses, alors elle peut continuer
à se faire tabasser, et son fils peut devenir assassin pour oser la
défendre.
Pressentant l'intention de son fils, elle hurle, dit à ses gosses de se
sauver et d'aller chercher du secours. Enfin les autres gars de la
bande tentent d'intervenir, ils ceinturent leur chef et l'entraînent
plus loin, lorsqu'arrivent les secours, les agresseurs ont disparu, on
ne les retrouvera pas. Peut-être qu'on ne remuera pas terre et ciel
pour prendre leur piste, après tout ne s'agit-il pas d'une pauvre
"pute", etc...
N'empêche que la femme, ouvrière agricole, dont les activités privées,
bénévoles, non rémunérées d'accueil provisoire de SDF ou de pèlerins
pour leur éviter de passer des nuits trop froides dehors, ne
regardaient personne, et n'avaient pas à être confondues avec de la
prostitution ou en mériter en quoi que ce soit le titre! n'empêche que
cette pauvre femme, dis-je, eut trois côtes cassées, ainsi que
plusieurs dents, la tête en marmelade, et qu'elle dût se faire
expertiser. Comme on n'a pas retrouvé les contrevenants, qui cependant
continuaient à rôder autour de sa maison et représentaient bien une
menace pour elle et les enfants, il s'en suivit deux conséquences:
- elle ne fut pas indemnisée de ce préjudice grave
- elle dût s'enfermer chez elle chaque nuit, renoncer à l'accueil des
pèlerins, être le plus souvent présente auprès de ses enfants
Elle garda le traumatisme profond de ce moment de violence aveugle et de lacheté de la part des témoins
elle resta logtemps sans pouvoir travailler, interimaire, elle n'avait
pas droit à des allocations journalières de maladies très longues, donc
ses ressources s'amenuisèrent
on ne lui proposa pas de séances remboursées d'aide psychothérapeutiques
elle fut surtout traumatuisée par le geste de son fils, elle qui
éduquait ses enfants à la non-violence, la paix, le dialogue, elle prit
peur qu'ils ne deviennent délinquants, elle n'interpréta pas du tout le
geste de son fils comme un reflexe salvateur d'amour filial et de saine
défense (je suis un homme, je dois la défendre puisque personne ne le
fait)
elle devint sombre du fait de ne vivre que dans la peur et retirée
auprès de ses enfants; parler le soir avec des personnes qui passaient
par le lieu (sur la route du chemin de st Jacques), qu'ils restent ou
non pour la nuit, lui permettait d'avoir des nouvelles de l'extérieur,
d'ailleurs , de plus loin que nos montagnes
elle négligea d'aller faire soigner ses chicots, les restes de ses
dents brisées, parce qu'elle souhaitait rester le plus possible auprès
de ses enfants lorsqu'ils rentraient de classe, et ne voulait pas se
permettre de se faire hospitaliser pour quelques jours, de plus avec
ses faibles ressources, elle n'avait pas de mutuelle
Malgré mes observations au sujet du danger qu'elle se faisait courir en ne soignant pas ces foyers d'infection, elle remettait toujours à plus tard, donc.
On l'a retrouvé inanimée, il y a à peine trois semaines, c'était trop tard, il n'y avait plus rien à faire pour elle, elle avait 40 ans.
J'étais absente du lieu pour raison de cure, trois de ses enfants sont
adultes ou proche de l'être, deux sont encore d'âge scolaire et
mineurs, je ne sais pas ce qu'ils vont devenir et où on les placera.
C'était une famille de musiciens entre autre, les derniers étudiaient
qui la basse, qui la trompette et le tuba, dans le but d'en faire un
métier. C'est dire si cette femme se donnait à fond pour rechercher des
boulots, car les leçons de musique ne sont pas données, ni les bons
instruments de musique. Elle était reconnue pour être vaillante:
plonge et service en restauration, travail des vignes, jardinage,
bûcheronnage, maçonnerie, platrerie, rien ne lui faisait peur, sauf de
monter sur les toitures.
Elle n'est plus là, voilà. Je tenais à en conter l'histoire ici en écho à ce magnifique poème, et j'ai commencé à écrire son histoire plus développée, je lapublierai petit à petit, c'est la moindre des choses que je puisse faire pour rendre hommage à toutes les "mères courage" du monde et pour faire oeuvre de deuil vis à vis de mon amie Flo.
PrincessK, 13 mars 08
(si vous avez râté l'épisode précédent)
Puisque c'est moi qui veut raconter la suite de l'histoire, je tiens à ce que vous sachiez qui je suis et à quel titre je vous parle.
K est une drôle de femme, vous savez, la mienne entre autre, bien sûr!
C'est une toujours jeune femme qui a perdu la mémoire, à la suite d'une maladie, et depuis elle cherche qui elle est, partout, à toute heure, et je l'aide dans ses recherches.
Elle est obsédée par la pièce manquante, c'est celle de l'inconnu! c'est pourquoi elle est si heureuse d'aller au-devant d'inconnus, quels qu'ils soient.
Elle a rencontré un homme autrefois et l'a aimé, enfin, je crois, il l'aimait aussi je pense, ils s'aimaient à leur façon, voilà ce qu'on pourra dire. Comme des enfants fous! donc pas très sages.
Je comprends ces choses là, et j'adore ma femme. J'aimerais qu'elle puisse retrouver ce qu'elle cherche, QUI elle cherche. Oui je l'aime assez pour celà.
Parfois je suis jaloux, une fois, c'était il y a presque deux années, j'ai bien cru la perdre, j'étais très malheureux, je ne savais plus que faire, j'ai déprimé sévèrement. C'est elle qui m'a aidée, elle et un de ces inconnus qui traversent son destin et le changent.
Je suis jaloux parce que je voudrais qu'elle demeure mon épouse, au-delà de tout ce qu'elle peut vivre intensément avec autrui, je l'aime trop, elle est si spéciale, si précieuse, c'est indescriptible.
Je suis jaloux, mais je l'aide quand même, à se chercher et se retrouver, à se reconstruire.
Je ne suis pas le seul à faire ça, il y en a plein d'autres. Ou au moins un, de celà je suis certain. Et je lui suis si reconnaissant!
Elle est devenue autre, elle est redevenue belle, sensible.
Elle a repris ses études, elle recommence à créer, c'est merveilleux!
Je ne peux pas affirmer qu'il y ait un rapport évident entre celle que j'ai connu avant sa maladie, et celle qui vit à présent à mes côtés, de toutes manières, elle si surprenante, imprévisible, est-elle la même d'un jour à l'autre? c'est mon inconnue, ma belle et souriante inconnue! Auprès d'elle, je passe des journées parfaites!
DJM
(à suivre) pourquoi 5?la suite et pas 4? parce que 4, on utilise pas ce nombre dans les cançons de nau!
Croyez-vous au prince charmant ou à la belle princesse?
Suggéré par Clara.
Je suis un belle princesse
et j'ai connu plusieurs princes charmants
j'ai été la belle au bois dormant, et un prince aux meilleures intentions m'a réveillée, et tenue en éveil
j'ai été la petite sirène, et un prince m'a aimé, il m'a appris à devenir femme, j'ai bien cru mourrir d'avoir à marcher et eu bien peur de devenir muette, mais je n'aurai pas à tuer de rivale, ni à retourner auprès de mes soeurs dans le royaume sousmarin, je peux danser, et rire, et chanter
il demeure dans mon coeur, qui est plus vaste qu'un royaume
tous les jours je me récite sers exploits envers moi, à chaque heure je rends grâce!
j'étais une petite rainette qui sautait dans l'herbe humide, mais un jardinier m'a recueillie et m'a tant cajolée et embrassée que je suis devenue sa raine, non sa reine, et comme je le disais précédemment: il y a des points de non-retour! fini la vie amphibie, je redeviens une royale terrienne!